Et sans le pétrole, on fait quoi ?

Paru en mars 2017

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Roland Bourguet/ADEME

Depuis près d’un siècle et demi, notre société et notre économie se sont développées en intégrant le pétrole : ce combustible est devenu indispensable pour nos transports ou la fabrication de produits (notamment en plastique). Si tu regardes bien autour de toi, tu pourras constater que tous les objets ont utilisé du pétrole à un moment ou un autre de leur vie.

Ces derniers temps, tu entends souvent parler d’énergies renouvelables et de la raréfaction des énergies fossiles. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Va-t-on réellement vers un épuisement des ressources et que va-t-on faire sans pétrole ? Quels sont nos besoins en énergie ? Peut-on continuer à vivre selon notre mode de vie actuel ?

Beaucoup de questions sont posées mais rassure-toi, pour la plupart, des solutions existent.

Cette situation est-elle durable ?

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Bourguet © ADEME

Quelles sont nos ressources en énergie ?

 Il s’agit du pétrole (40 %), du charbon (20 %) du gaz naturel (19 %) et de l’uranium (6 %, utilisé pour l’énergie nucléaire). Ces ressources se sont constituées il y a plusieurs centaines de millions d’années et se sont stockées dans le sol ; leur quantité est limitée. Selon les prévisions, les réserves de ces combustibles fossiles, dans la forme actuelle de leur exploitation, ne répondront plus à nos besoins d’ici 30 à 50 ans.

Les stocks des énergies renouvelables sont eux quasiment illimités.

Au niveau mondial, le bois et l’eau des rivières en montagne sont les formes d’énergies renouvelables les plus exploitées (cheminée, chaudière ou poêle à bois et centrales hydrauliques pour l’eau). Elles sont disponibles à tout moment pour peu qu’on ne les consomme pas plus vite qu’elles ne se reconstituent.

Les énergies du soleil, du vent, de la mer ainsi que la chaleur du sol représentent d’autres sources colossales d’énergie. Elles sont disponibles presque partout à la surface de la Terre, mais elles sont souvent intermittentes et difficiles à stocker. C’est pourquoi leur mise en place demande une bonne estimation des besoins et des potentialités. Par exemple, mettre une éolienne dans une région peu ventée n’aurait pas de sens.

Pourquoi certaines énergies sont plus décriées que d’autres?

Les énergies fossiles sont très émettrices de gaz à effet de serre lors de leur combustion. Le charbon, le combustible fossile le plus abondant, est celui qui émet le plus de CO2. Le gaz naturel, lui, en émet 30 % de moins que le pétrole.

Ce CO2, une fois dans l’air, retient la chaleur près du sol et l’empêche de se dissiper dans l’espace. Il joue le rôle des vitres dans une serre. C’est un des Gaz à effet de serre (GES, en abrégé), responsable du réchauffement de la planète. C’est pour cela qu’on cherche aujourd’hui à limiter le recours aux énergies fossiles.

Un feu de bois émet aussi du CO2. Mais il ne fait que restituer à l’atmosphère le CO2 que l’arbre a absorbé pour grandir. Et le CO2 émis lors de la combustion sera absorbé par les arbres qui auront été replantés pour le remplacer. Aujourd’hui, la forêt progresse en France. Elle couvre 28 % de notre territoire et est bien exploitée. Le bois, ressource renouvelable, est une énergie qui connaît actuellement un fort engouement.

Le CO2 reste un à deux siècles dans l’atmosphère avant d’être absorbé par les plantes ou par les océans. Mais depuis 150 ans, sa concentration augmente dans notre atmosphère. En effet, la combustion de pétrole, de gaz et de charbon libère dans l’atmosphère du carbone (sous forme de CO2) qui est depuis très longtemps emprisonné sous la terre. La conséquence est que, même si les émissions de CO2 s'arrêtaient aujourd'hui, le climat continuerait de se réchauffer pendant des décennies du fait des concentrations accumulées depuis l'ère industrielle.

L’énergie nucléaire n’émet pas de CO2lors de son utilisation pour faire de l'électricité (si on prend en compte toute l’énergie qui aura été nécessaire à la fabrication des centrales nucléaires, du transport du combustible uranium et des déchets, etc., la chaîne globale de fabrication émet du CO2). En revanche, elle est parfois contestée car les déchets nucléaires nécessitent des traitements lourds et demandent à être stockés dans des conditions très particulières compte tenu de leur dangerosité à très long terme.


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