Les sols : pourquoi et comment les protéger ?

Paru en décembre 2014

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Philippe Hallé / Pack shot

Support de nos cultures et de nos constructions, le sol est un réservoir d’éléments en constante interaction avec l’eau, l’air, les roches et les êtres vivants.

Il est un lieu de stockage de l’eau de pluie et du carbone, participant ainsi à tous les cycles. C’est enfin grâce aux nombreux êtres vivants qu’il abrite, un lieu important de la biodiversité terrestre et du recyclage de la matière organique.

La surveillance des sols et la lutte contre la dégradation des sols

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GISSOL

Préserver les sols et les gérer de façon durable ne peut pas se faire sans un diagnostic précis et un suivi de l’évolution des sols.

Comment surveiller l’état des sols ?

Avant 2000, il n’existait pas d’outil national pour mesurer la qualité des sols. C’est en 2001 que plusieurs institutions publiques créent le Groupement d’Intérêt Scientifique Sols (GISSOL).

Ce groupement permet de constituer et de gérer un système d’informations sur le sol, notamment grâce à la mise en place du Réseau de Mesures de la Qualité des Sols (RMQS).  Ayant quadrillé le territoire national de carrés de 16 km de côté, des analyses et des observations ont été réalisées sur plus des 2000 sites qui constituent ce réseau.

 

Pourquoi mesurer le pH des sols ?

Le pH des sols, qui traduit l’acidité des sols, nous renseigne sur la nature des roches sur lesquelles s'est formée le sol. En fonction du pH du sol, les végétaux et les cultures vont être différentes. Certaines plantes (comme la fougère aigle, le châtaignier, la digitale pourpre, la bruyère et la myrtille) aiment les sols acides (on dit qu’elles sont acidophiles) et d’autres (comme la clématite vigne blanche, la digitale jaune, de nombreuses orchidées françaises, l’hellébore fétide et le géranium sanguin) aiment les sols basiques (on dit qu’elles sont calcicoles).

 

Quels sont les pH des sols en France ?

Les pH les plus acides se rencontrent sur les sols sableux des Landes de Gascogne et des sols développés dans les grès des Vosges et certaines zones granitiques.

À l'opposé, les sols les plus basiques sont développés sur les grandes régions calcaires ou marneuses du territoire (des pH extrêmes peuvent être trouvés dans les environnements salés comme par exemple la Camargue).

De nombreux sols des grandes plaines cultivées ont des pH neutres à basiques : le pH « naturel » des sols y est très souvent corrigé par l’emploi d’amendements minéraux (chaux par exemple).

 

Pourquoi mesurer le plomb présent dans les sols ?

Le plomb est naturellement présent dans les sols du fait de sa présence dans les roches. Mais il peut aussi provenir de contaminations liées aux activités humaines (circulations automobiles, bassins miniers et industriels). Mesurer la teneur de plomb dans les sols permet de se rendre compte de cette contamination due aux activités humaines.

 

Quel est le taux de plomb dans les sols français ?

Les roches cristallines (granites et schistes), comme dans le Massif Central, contiennent du plomb naturellement. Mais de part les activités humaines, on peut apercevoir des teneurs importantes en plomb autour des grandes agglomérations (Paris, Lille, Strasbourg) liées certainement à la circulation automobile (le plomb était avant ajouté dans les carburants) ou des bassins miniers et industriels (Nord Pas-de-Calais).

 

Dégradation, contamination, pollution : quelles différences ?

Chaque terme a une définition propre et ne comprend pas les mêmes choses.

« Dégradation » est le terme le plus large pour parler d’atteintes au niveau du solOn parle de dégradation du sol à partir du moment où le sol est modifié (en général par l'action de l'homme) et qu’il ne peut plus fonctionner normalement vis à vis des plantes, des animaux, des transferts d'eau... Les dégradations du sol peuvent donc être de différentes natures : érosion), tassement du sol, ajout de contaminants, bétonnage du sol, apport de sels (ex: la tempête Xyntia a beaucoup salinisé les sols)…

Quand on parle de « contamination » et de « pollution », on parle d'un seul type de dégradation (généralement liée aussi à l'homme) qui concerne l'ajout de substances dans les sols (apport de métaux, de pesticides...).

Cependant, quand il y a contamination, il n’y a pas forcément pollution. Il y a contamination à partir du moment où une substance est présente dans le sol plus que la normale, mais sans qu’il n’y ait forcément de conséquences mesurables et de toxicité vérifiée. On commence à parler de « pollution » quand on dépasse un certain seuil de contamination et que l’on peut mesurer ses conséquences