Les impacts de l'hydraulique sur l'environnement

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Une énergie à forte valeur ajoutée

L’énergie hydraulique présente plusieurs avantages, notamment celui commun aux énergies renouvelables de ne pas dégager de gaz à effet de serre pendant leur utilisation.

Cette énergie a une forte valeur ajoutée car :

  • elle contribue à l'indépendance énergétique de la France sans émettre de CO2 (gaz à effet de serre du réchauffement planétaire) ou d’autres gaz toxiques pour l’atmosphère ;
  • produite dans certaines conditions (notamment grâce aux STEP ou centrales de lacs ou d’éclusée), c’est la seule forme d’électricité stockable à grande échelle, permettant ainsi d’absorber les pics de consommation en temps réel ;
  • elle ne produit pas de déchet ;
  • comme toute activité industrielle, elle permet le développement économique et social de communes isolées en stimulant l’activité locale (emplois, fiscalité locale, ...) ;
  • les retenues d’eau deviennent souvent, grâce à leurs aménagements paysagers, des zones de loisirs et des pôles d’attraction touristique avec le développement de zones de pêches, de pratiques sportives tel le kayak.

100 000 moulins en France seraient prêts à être réhabilités, rénovés (souvent avec des ressources locales) et transformés en petites centrales. En effet, les propriétaires de moulins peuvent produire leur électricité et la consommer sur place ou l’injecter sur le réseau électrique en vendant cette électricité selon les conditions définies par un tarif d’achat ou un contrat d’achat au conditions du marché.

Des impacts sur l'environnement

Pour autant, de par ses constructions souvent imposantes, elle modifie le territoire et les paysages et intervient directement sur les cours d’eau. Ainsi, exploiter l’énergie potentielle des cours d’eau n’est pas sans impact sur l’environnement. Ceux-ci varient avec le type et la taille de la structure : ils sont faibles s’il s’agit d’exploiter les chutes d’eau naturelles, mais ils deviennent très importants s’il s’agit de créer des barrages et des retenues d’eau artificielles. Ainsi : 

  • la mise en eau des barrages induit très souvent des déplacements de population et la disparition de zones agricoles ; 
  • la création de retenues d’eau artificielles peut entraîner la sous-oxygénation de l’eau. A contrario, la libération subite de l’eau a pour conséquence une sur-oxygénation. Dans un cas comme dans l’autre, l’équilibre des éco-systèmes peut-être impacté;
  • les barrages arrêtent les sédiments créant des cuvettes artificielles. Les cours d’eau ont alors tendance à s’envaser (la Camargue est aujourd’hui dans cette configuration) ;
  • les centrales ont des impacts sur la biodiversité (mortalité de certaines espèces comme l’anguille).
  • néanmoins, dans le cadre des projets de rénovations, optimisations des centrales hydroélectricités, il existe des solutions pour éviter-réduire-compenser les impacts en conciliant les enjeux environnementaux, sportifs, patrimoniaux, … avec les enjeux énergétiques des cours d’eau. Il est possible d’installer :
    • des vannes de décharge pour évacuer les sédiments,
    • des passes à poissons pour favoriser la migration piscicole ou la montaison,
    • des passes à canoë pour permettre la franchassibilité des seuils 
    • des plans de grilles icthyo compatibles pour éviter que les poissons ne passent dans les turbines
    • des turbines ichtyo compatibles pour permettre la dévalaison
    • déplacer des zones de frayères

Au niveau mondial, certaines recherches émettent des doutes sur le bilan en gaz à effet de serre des systèmes hydroélectriques.

L’activité bactériologique dans l’eau des barrages, surtout en régions tropicales, relâcherait d’importantes quantités de méthane (gaz ayant un effet de serre 20 fois plus puissant que le CO2).

Une réglementation stricte pour le respect de la faune et la flore

Le développement des centrales hydroélectriques a donc dû être encadré par des textes réglementaires, à la fois nationaux et européens et à la fois sur la bonne gestion et la qualité de masse d’eau et le développement des énergies renouvelables

Parmi eux, on trouve :

  • la directive européenne cadre sur l’eau pour mettre fin à la détérioration de l'état des masses d'eau et rétablir le « bon état » des masses d’eau des rivières, lacs et eaux souterraines ;
  • la loi sur l’Eau et les milieux Aquatiques de 2006 ;
  • la directive européenne sur les énergies renouvelables ;
  • la loi TECV ;
  • la PPE de 2018.

Les installations hydroélectriques doivent donc respecter des critères précis fixés par ces différents textes réglementaires :

  • elles ne doivent pas constituer des obstacles sur les cours d’eau ;
  • elles doivent respecter la continuité écologique de la rivière, non seulement pour la faune sauvage (poissons…), mais également pour le transit sédimentaire (circulation du sable, des graviers...). Pour garantir la libre circulation des poissons, plus de 800 passes à poissons (échelles ou des ascenseurs pour les barrages les plus hauts) ont été construites ces 20 dernières années en France. Ces aménagements permettent aux poissons migrateurs de franchir les barrages sans encombre ;
  • le débit total des cours d’eau ne peut pas être consacré à la seule production électrique (minimum 10 % du débit moyen doit être maintenu dans le cours d’eau) ;
  • certains cours d’eau, d’après leur classement en liste 1 ou liste 2, ne peuvent pas recevoir d’installations hydroélectriques de par la qualité de leurs eaux ou leur situation géographique, certains cours d’eau assurant la migration des poissons des eaux douces vers les eaux de mer ou servant de réservoirs biologiques ou devront bénéficier d’aménagements restaurant la continuité écologique ;
  • l’eau prélevée et détournée pour passer la turbine doit rejoindre le lit du cours d’eau en aval.

Aujourd’hui, la gestion des ouvrages intègre le respect de la vie du cours d’eau (passage des sédiments composant le lit des rivières, passage des corps flottants comme les feuilles, les débris végétaux qui eux aussi participent à la vie du cours d’eau).