Comment dépollue-t-on un site ?

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D’abord les sites les plus dangereux

La France a donné des priorités en fonction de l’usage du site. On dépollue en priorité les sites qui provoquent les plus graves conséquences sur l’Homme et l’environnement !

Pour cela, il est nécessaire de connaître :

  • les substances qui ont été utilisées, en quelles quantités, comment, où, etc. ;
  • les dépollutions antérieures : comment, pourquoi, etc.

Il faut également éviter toute nouvelle pollution de l’environnement et l’exposition de l’Homme, en interdisant ou restreignant l’accès au site pollué.

Les étapes de la dépollution

Tout d’abord, il est nécessaire de vérifier la contamination des sols. Pour cela, un « diagnostic du site » est réalisé. Il définit les zones à l’origine de la pollution et les contaminations possibles pour la population, les eaux alentours et l’environnement.

Ensuite, deux cas de figure se posent :

  • soit on arrive à démontrer que l’usage actuel du site ne nuit pas aux personnes ou à l’environnement qui l’utilisent et dans ce cas-là, le site n’est pas traité ;
  • soit on définit un « plan de gestion » du site. Il détaillera les mesures de dépollution nécessaires et précisera les usages futurs qui pourront être faits sur ce lieu.

Des exemples de gestion de sites pollués

Un sol peut être pollué par une activité humaine mal gérée, en cas d’accident, de fuites de produits nocifs ou pour les pollutions anciennes par l’abandon de déchets.

Les polluants les plus retrouvés sont les hydrocarbures (pétrole et ses dérivés), les solvants (peintures, diluants, encres, acides...), les métaux (plomb, chrome, nickel...).

Une ancienne mine d’or responsable d’une pollution à l’arsenic

En 1896, un gisement d’or a été découvert dans le Limousin. Le gisement a été exploité jusqu’en 1955 laissant à l’abandon de grandes quantités de résidus de traitement de la roche qui contenait de l’or, mais aussi d’autres métaux dont l’arsenic, très toxique.

Ainsi l’arsenic, entrainé par les eaux, pouvait se répandre dans l’environnement. Les riverains qui se promenaient sur le site pouvaient être en contact avec ce métal toxique.

Depuis 1998, des travaux de mise en sécurité ont été engagés : clôture du site, démolition des bâtiments, confinement des résidus de traitement du minerai (couverture étanche), revégétalisation pour qu’ils ne puissent plus être au contact des riverains et que les eaux ne puissent pas entraîner l’arsenic dans l’environnement. Ce site dépollué en surface a été clôturé. Il n’est plus possible de pénétrer sur ce site.

L’arsenic enfoui et isolé est donc toujours présent dans le sous-sol, mais inaccessible.

La pollution d’une usine de fabrication d’insecticides

De 1947 à 1974, une usine fabriquant des insecticides pour le traitement du bois a dispersé ses déchets dans l’environnement (parfois mélangés à du béton puis enfouis dans le sol). Ces déchets sont peu biodégradables, toxiques et cancérigènes

La dépollution a nécessité de :

  • Retrouver les endroits où les déchets ont été enfouis ;
  • Ressortir ces déchets et les envoyer dans un centre de traitement adapté (souvent ils seront incinérés) ;
  • Parfois les confiner de façon à ce qu’ils ne puissent pas être au contact ni des eaux ni de la population.

Lors des travaux, des poussières peuvent se disperser dans l’air. Il convient d’éviter autant que possible ces envols. Il faut également protéger le personnel : port de combinaison, de gants et des masques respiratoires.

Ces travaux s’accompagnent de mesures de surveillance de la qualité de l’air.

La pollution d’un ancien pressing

Un ancien pressing, situé au rez-de-chaussée d’un immeuble, utilisait une machine de lavage à sec fonctionnant avec du perchloroéthylène, un composé cancérigène

L’occupant de l’appartement au-dessus du pressing, sentant de fortes odeurs a porté plainte. Les réservoirs de la machine de nettoyage à sec étaient vides, mais de fortes concentrations ont été mises en évidence dans l’air de la cave du pressing, du local commercial et de l’appartement du premier étage.

Pour gérer en urgence cette pollution, un dispositif d’aspiration de l’air dans ces différents lieux pollués a été mis en place.

Et vous ?

Pour dépolluer un site, il existe différentes techniques. Pour les comprendre, voici trois techniques pour « dépolluer » votre chambre :

  • on sort la montagne de vêtements sales et on les amène dans le bac à linge pour qu’ils soient traités ;
  • on met un sac étanche sur la montagne de vêtements sales au sol et ainsi les confiner ;
  • on les enterre sous son lit ou dans son armoire et on ferme la porte !

Pour un site pollué, c’est la même chose : on peut confiner les polluants ou essayer de les traiter.

Certains traitements utilisent des produits chimiques, des plantes ou des micro-organismes (bactéries, champignons). On peut aussi utiliser la chaleur - à une température de 650 °C à 1000 °C selon les polluants à traiter - pour détruire le polluant, l’isoler ou au moins le rendre inerte.