Canicule, sécheresses, pluies diluviennes : le changement climatique est là !
Des records de températures battus
L’année 2024 reste à ce jour la plus chaude observée à l’échelle planétaire et la première à avoir dépassé le seuil symbolique de +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et dépasse la normale (période de référence : 1961-1990) de 2,7 °C.
À l’échelle mondiale, 2023 et 2025 figurent également parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, avec environ +1,48 °C pour 2023 et ~+1,44 °C pour 2025 par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui confirme que les trois dernières années font toutes partie des plus chaudes jamais mesurées et illustre l’accélération du dérèglement climatique.
+2,2 °C
c’est le réchauffement en France ces dix dernières années (par rapport à 1850-1900)
Plus de canicule et moins de jours de gel
Le nombre de journées chaudes (supérieures à 25 °C) augmente de 4 à 6 jours par décennie avec quelques variations en fonction des régions.
Une diminution du nombre de jours de gel est observée sur toutes les régions de 2 à 4 jours par décennie. Cette diminution est encore plus marquée dans le nord-est et le centre de la France.
Des sécheresses de plus en plus longues et fréquentes
Les précipitations diminuent en été, mais également en hiver sur la majorité de la métropole. L’hiver 2023 figure parmi les 10 hivers les moins arrosés depuis 1959.
L’année 2022 reste à ce jour la sécheresse la plus sévère jamais enregistrée en France depuis le début des mesures, tant par son intensité que par son extension géographique. Elle a été suivie par des épisodes de sécheresse récurrents en 2023 et 2024 (PDF – 19,8 Mo), confirmant une tendance structurelle. Cette situation s’est traduite par un assèchement massif des cours d’eau : 1 261 étaient à sec au 1ᵉʳ août 2022.
Les sécheresses augmentent le risque de feux de forêt. Les incendies ravageant des centaines d’hectares de forêts ont des conséquences dramatiques pour les populations, les écosystèmes (la faune et la flore), les activités économiques (tourisme, exploitation forestière…) et libèrent de grosses quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Les êtres humains sont les principaux responsables des feux de forêt, le saviez-vous ?
Très peu de feux de forêt sont d’origine naturelle (foudre…). 90 % des feux de forêt sont d’origine humaine. Ils peuvent être involontaires, à la suite d’une négligence comme un jet de mégot de cigarette par terre et constituent alors un délit. Ils peuvent aussi être allumés volontairement et sont alors considérés comme un crime.
Des pluies diluviennes
L’air plus chaud en raison du réchauffement planétaire peut stocker davantage d’humidité. Lorsque la pluie tombe, de très grosses quantités d’eau peuvent alors être libérées entraînant des inondations dramatiques.
Le risque d’inondation est le premier risque naturel en France par :
- l’importance des dommages qu’il provoque ;
- le nombre de communes concernées par ce risque ;
- l’étendue des zones inondables ;
- la part importante de la population menacée par le risque d’inondation.
1/4
des Français sont concernés par le risque d’inondation
9 millions
d’habitants sont exposés au risque d’inondation sur le pourtour méditerranéen
Sur le pourtour méditerranéen, il est connu que les pluies peuvent tomber de façon intense pendant un ou plusieurs jours, mais cela est très variable d’une année sur l’autre. Cependant, on constate l’apparition d’un nouveau phénomène : des événements pluvieux plus extrêmes (cumul quotidien supérieur à 200 mm) sont de plus en plus fréquents sur le pourtour méditerranéen.
Le littoral perd du terrain et subit l’érosion
Le niveau de la mer continue d’augmenter. Depuis 1900, le niveau moyen des océans a augmenté de 20 cm en France. Sur la seule période 1993-2020, la hausse moyenne est estimée à environ 10 cm.
Sur les côtes de l’hexagone, la hausse du niveau de la mer s’élève à un rythme de 3 mm/an sur la période 1993-2019 en Méditerranée, entre 1,4 et 2,5 mm/an en Atlantique et entre 1,6 et 2,6 mm/an en Manche-Mer du Nord.
L’augmentation du niveau de la mer est de l’ordre de 3 mm/an dans les Antilles, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. Elle varie de 4 à 5 mm/an à Saint-Pierre-et-Miquelon, autour de 6 mm/an à La Réunion, entre 3 à 5 mm/an à Mayotte.
Cette élévation du niveau des mers et des océans met le littoral pourtant très peuplé en danger : risque de submersion marine, érosion côtière, destruction d’installations stratégiques (production d’énergie, ports, etc.).
De plus, l’élévation du niveau des mers favorise l’entrée d’eau salée dans les eaux souterraines qui deviennent impropres à la consommation.
Les impacts du changement climatique région par région
Toutes les régions françaises sont concernées par l’intensification des épisodes de sécheresse, des périodes de pluies plus extrêmes, des journées plus chaudes… mais il existe des particularités d’une région à l’autre.
Source : Réseau Action Climat
Lire la transcription détaillée de l’infographie « Les impacts du changement climatique en France » (PDF - 47,20 Ko) (PDF – 47,2 ko)
Outre-Mer
Les DROM-COM sont les territoires français les plus exposés aux impacts du changement climatique.
Un blanchissement des coraux : l’acidification et la hausse de la température des océans favorisent le blanchissement des coraux. La disparition de ces écosystèmes, qui abritent 25 % de la faune marine, a des répercussions sur l’accès à la nourriture, reposant largement sur les produits de la mer.
Des événements météorologiques extrêmes : le réchauffement climatique multiplie les risques de cyclones et d’épisodes de forte précipitation. Ce qui entraîne de gros dégâts matériels, la perte des productions agricoles et l’interruption du tourisme au cœur de l’économie pour certaines régions des DROM-COM.
La submersion du territoire : la hausse du niveau de la mer et la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes renforcent le risque de submersion. Certains habitats et infrastructures commencent à être déplacés vers l’intérieur des terres.
Auvergne-Rhône-Alpes
La fonte des glaciers : la totalité des glaciers des Alpes est menacée de disparition. Avec l’augmentation des températures, la période de fonte des glaciers se prolonge. Dans les Alpes, les glaciers ont perdu 70 % de leur volume depuis 1850.
Des fortes chaleurs : la région est l’une des plus touchées par la hausse des températures. Celles de Lyon pourraient se rapprocher de celles de Madrid d’ici à 2050 et d’Alger avant la fin du siècle.
Des inondations : 2 millions de personnes, soit 39 % de la population régionale, vivent dans une zone menacée par les inondations.
Bourgogne-Franche-Comté
Des sécheresses : la hausse des températures entraîne une augmentation de l’évapotranspiration qui provoque l’assèchement des sols. La recharge des nappes phréatiques pourrait baisser de 5 à 25 % d’ici à 2050. En 2019, 82 % des mortalités de plantations étaient dues à la sécheresse.
Des pertes agricoles : la hausse des températures entraîne une surchauffe des cultures qui se dessèchent. Les sécheresses mettent en difficulté l’approvisionnement des cultures en eau ainsi que les élevages, très consommateurs d’eau. Les chaleurs augmentent aussi la présence de maladies et des ravageurs agricoles.
Bretagne
Des sécheresses : les hausses des températures entraînent des sécheresses estivales plus fréquentes, l’asséchement des cours et des retenues d’eau, qui fournissent 70 % de l’eau potable en Bretagne.
Une acidification des eaux : l’acidification des eaux affecte l’économie et le tourisme en Bretagne, dépendants de la pêche notamment.
Centre-Val de Loire
Des sécheresses : d’ici au milieu du siècle, la région devrait connaître en moyenne 20 jours de vagues de chaleur de plus que dans le climat actuel (7 à 10 jours). Le nombre de jours dépassant 25 °C devrait doubler d’ici à 2100. La hausse de chaleur entraîne une baisse du débit des cours d’eau et de la recharge des nappes phréatiques.
Des retraits-gonflements du sol : la population de cette région est la plus menacée en France par ce phénomène. La baisse du volume d’eau dans les sols entraîne une rétractation des sols argileux, ce qui peut conduire à des mouvements de terrains et des dégâts sur les fondements ou les surfaces des maisons, des routes… Un sol sec absorbe moins bien les pluies intenses et cela augmente le risque d’inondation.
Corse
Des fortes chaleurs : d’ici à 2100, la Corse connaîtra 35 à 63 journées chaudes (dont la température dépasse les 25 °C) supplémentaires par an par rapport à la fin du XXᵉ siècle.
Des sécheresses : l’alimentation des cours d’eau est en baisse alors que l’enneigement diminue. Les réserves d’eau sont aussi restreintes par des pluies moins bien réparties avec des épisodes de précipitations extrêmes.
Des incendies : ils sont favorisés par les fortes chaleurs et les sécheresses.
La hausse du niveau de la mer : elle est de plus de 3 mm par an en Corse, accentuant les risques de submersion et d’érosion des sols des littoraux.
Grand Est
Des sécheresses : avec la hausse des températures, les sols sont de moins en moins humides. La sécheresse entraîne également un risque de retrait-gonflement des argiles qui concerne 2,7 millions d’habitants.
Des pertes agricoles et économiques : les cultures végétales et les élevages sont affectés par les sécheresses et l’accès à l’eau diminue. Les industries et les infrastructures de transport (comme le train, le transport fluvial sur le Rhin…) sont ralenties en cas de fortes chaleurs et de pénurie d’eau, ce qui affecte l’ensemble de l’activité économique de la région Grand Est.
Des conséquences sur la forêt : la sécheresse rend plus vulnérable les forêts face aux ravageurs et aux incendies, entraînant aussi un recul de la biodiversité. L’affaiblissement des forêts de la région Grand Est a déjà été multiplié par 10 en 50 ans.
Hauts-de-France
Des inondations : l’augmentation de courts épisodes de pluie intense et l’élévation du niveau de la mer favorisent les inondations dans la région. 2,2 millions d’habitants et 6 communes sur 10 sont concernés par ce risque.
Le retrait-gonflement des argiles : les épisodes de sécheresse et d’inondations dans la région changent la teneur en eau des sols, ce qui entraîne des mouvements de terrains, la dégradation des bâtiments et des routes qui se fissurent. 90 % de la surface de la région et 89 % des maisons individuelles sont exposées au risque de retrait-gonflement des argiles.
Île-de-France
Des fortes chaleurs : cette région pourrait connaître 23 à 30 jours de canicule par an d’ici à 2050 (contre 6 à 9 jours par an à la fin du XXᵉ siècle). La chaleur est encore plus difficile à vivre en ville : la chaleur est absorbée dans le béton, la pierre, le zinc, le revêtement des rues et le manque de végétation et de circulation de l’air limite le rafraîchissement pendant la nuit.
Le retrait-gonflement des argiles : la région est très exposée aux risques de retrait-gonflement des argiles
Un risque d’inondation : en raison de l’artificialisation des sols et de leur assèchement, l’eau de pluie pénètre difficilement dans les sols.
Normandie
La hausse du niveau de la mer : elle est estimée à +20 cm aujourd’hui dans la région (par rapport à 1850-1900) et pourrait atteindre jusqu’à 1 mètre supplémentaire dès 2100. En conséquence, les inondations marines se multiplient dans les zones littorales et dans les terres, lorsque l’eau remonte les cours d’eau. L’érosion des côtes entraîne également une disparition de certaines plages.
Des pertes agricoles : la première région agricole française est menacée par l’augmentation du risque d’inondation, des épisodes de pluies extrêmes, des épisodes de sécheresse et la baisse de disponibilité en eau douce, affectant les cultures et les élevages.
Nouvelle-Aquitaine
Des sécheresses : avec une baisse des précipitations en période estivale et la hausse des températures globales, les sécheresses se multiplient dans la région. Les sécheresses affectent les rendements agricoles et la disponibilité de l’eau douce.
Des incendies : les forêts sont plus fragiles en raison de la sécheresse.
Des mouvements de terrain : l’augmentation des températures favorise le risque de retrait-gonflement des argiles.
La hausse du niveau de la mer : la région est de plus en plus victime du phénomène d’érosion et de recul du trait de côte. La côte sableuse perd en moyenne 1 à 3 mètres par an, avec parfois des reculs jusqu’à 30 mètres lors de fortes tempêtes.
Occitanie
Des sécheresses : à cause de la baisse des précipitations et la hausse des températures, la région connaît de plus en plus de sécheresses.
Des épisodes extrêmes : les vagues de chaleur, pluies intenses et sécheresses pourraient se multiplier dans les années à venir, entraînant des inondations, glissements de terrain, pertes agricoles, canicules… 2,5 millions d’habitants sont exposés au risque d’inondation en Occitanie.
Pays de la Loire
Un manque d’eau : l’eau douce diminue dans la région, essentielle pour l’irrigation agricole, l’élevage bovin, la production industrielle ou la production énergétique.
Un risque de submersion : à cause de la montée du niveau de la mer, les dommages liés aux inondations par submersion devraient augmenter de 100 % à 150 % en Vendée et en Loire-Atlantique d’ici à 2050.
Provence-Alpes-Côte d’Azur
Des chaleurs extrêmes : la région est marquée par des températures moyennes en hausse avec des journées chaudes et des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et marquées en été.
Des épisodes méditerranéens : déjà fréquents, ces violents orages durant lesquels tombe l’équivalent de plusieurs mois de pluie en quelques jours vont se multiplier, entraînant des inondations.
Des incendies : les fortes chaleurs, la sécheresse et le dépérissement des milieux forestiers favorisent le déclenchement et la propagation des incendies. Ce risque est ainsi en augmentation, en particulier pour les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. La fréquence des méga-feux pourrait progresser de 42 à 90 % d’ici à 2100 en fonction de la hausse des émissions de gaz à effet de serre.
Pour en savoir plus sur les conséquences du dérèglement climatique en France par région, vous pouvez consulter le guide La France face au changement climatique : toutes les régions affectées.
À retenir
- La France s’est déjà réchauffée de 2,2 °C depuis 1900, avec des records de chaleur sur les récentes années (2022, 2023, 2025).
- Les vagues de chaleur sont plus fréquentes et plus longues et les jours de gel diminuent.
- Les sécheresses s’intensifient : en 2022, nous avons connu la sécheresse la plus sévère jamais observée.
- Près d’un Français sur 4 vit en zone potentiellement inondable et les pluies extrêmes augmentent.
- Le niveau de la mer a déjà monté d’environ 20 cm depuis 1900 et continue d’augmenter.
- Toutes les régions françaises sont concernées, avec des impacts spécifiques selon les territoires.
FAQ
De combien la France s’est-elle réchauffée depuis l’ère industrielle ?
La France s’est réchauffée de +2,2 °C depuis 1900. Les années 2022, 2023 et 2025 figurent parmi les plus chaudes jamais enregistrées dans le pays.
Combien de Français sont exposés aux risques d’inondation ?
Environ 1 Français sur 4, soit près de 17 millions de personnes, vit en zone potentiellement inondable. Les pluies intenses sont plus fréquentes, notamment dans le sud-est de la France.
Le niveau de la mer augmente-t-il en France ?
Oui. Le niveau moyen de la mer a augmenté d’environ 20 cm depuis 1900 sur les côtes françaises. Il pourrait encore augmenter à cause de la fonte des glaciers.
Les glaciers français disparaissent-ils ?
Les glaciers des Alpes ont perdu environ 70 % de leur volume depuis 1850.
Quelles régions françaises sont les plus touchées par le dérèglement climatique ?
Toutes les régions sont concernées et il n’y a pas de régions épargnées, mais les impacts varient :
- Régions d’Outre-mer : augmentation des événements météorologiques extrêmes, submersion du territoire, blanchiment des coraux.
- Région méditerranéenne : sécheresse, pluies extrêmes et inondations.
- Sud-Ouest : incendies et recul du trait de côte.
- Nord, Centre et Bassin parisien : inondations et retrait-gonflement d’argiles.
- Régions montagneuses : fonte des glaciers.
Que peut-on faire face au dérèglement climatique ?
Il faut adapter les territoires aux impacts du dérèglement climatique. Pour plus d’information sur ce sujet, découvrez l’article « Comment réagir face au changement climatique ? »
Mais il est important également de continuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement. Pour cela, rendez-vous dans la rubrique « Agir » pour découvrir les gestes que vous pouvez dès à présent adopter.
Pour aller plus loin
Exposition – Causes et impacts du changement climatique
Mode de vie peu économe, industrie polluante. Découvrez les causes, mais également les impacts du changement climatique.
Schéma – Changement climatique, il y a urgence à s’adapter
S’il nous est possible d’atténuer les impacts du changement climatique, nous devons nous y adapter.
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