À retenir
- Le changement climatique accentue les inégalités existantes, notamment les inégalités de genre.
- Les personnes les plus pauvres, qui sont majoritairement des femmes, sont plus exposées aux conséquences du changement climatique car elles ont moins les moyens de se protéger et de réagir.
- Les femmes jouent un rôle essentiel dans la transition écologique en menant des projets de préservation de la planète, d’adaptation au changement climatique et de mobilisation citoyenne.
- Construire un monde durable ne pourra se faire sans donner une place plus équitable aux femmes partout dans le monde.
Les femmes, plus exposées aux effets du changement climatique
Les femmes, plus touchées par la pauvreté
Le changement climatique n’affecte pas toutes les populations de la même manière partout dans le monde.
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) affirme depuis plusieurs années dans ses publications que les personnes les plus vulnérables sont les premières victimes du changement climatique.
Dans tous les secteurs et régions, les personnes et les systèmes les plus vulnérables sont touchés de manière disproportionnée. Or, partout dans le monde, les personnes vulnérables sont :
- les personnes les plus pauvres et
- majoritairement des femmes.
À l’échelle mondiale
Les femmes et les enfants auraient 14 fois plus de risques de mourir lors de catastrophes climatiques que les hommes. ²
70 %
des personnes vivant dans la pauvreté sont des femmes¹
80 %
des réfugiés climatiques sont des femmes²
Sources :
Les personnes vulnérables ont moins facilement accès à des ressources essentielles comme : l’alimentation, l’eau, la terre, le crédit, l’énergie, l’information, l’éducation, les services de santé, un logement convenable, la protection sociale et l’emploi.
Du fait de ces inégalités, les femmes et les filles sont plus susceptibles d’être exposées à des risques de catastrophe et sont moins en mesure de s’adapter à l’évolution des conditions climatiques.
Le dérèglement climatique, amplificateur d’inégalités sociales et de genre
Comme partout dans le monde, en France, les ressources financières disponibles déterminent la capacité à s’adapter aux enjeux climatiques. Il est plus difficile de réagir quand on dispose de faibles ressources financières pour rénover son logement, mieux s’alimenter, acquérir un véhicule électrique, trouver un logement proche des commerces et des services, etc.
En France, les ressources financières des femmes restent encore moins importantes que celles des hommes. On note que 20,6 % des femmes de 18 à 29 ans sont pauvres (soit 846 000 personnes).
- 18,7 % des hommes du même âge le sont (soit 776 000 personnes) (source 2)
- 78 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.(source 1)
- 7,8 % des femmes sont en situation de sous-emploi, contre 3,1 % des hommes.(source 1)
- L’écart de revenu salarial net est de 18,1 % sans enfant, et peut atteindre 47,5 % pour les parents de trois enfants ou plus. (source 1)
Source 1 : INSEE Les revenus et le patrimoine des ménages
Source 2 : Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes – Notre-Environnement (PDF – 3,74 Mo)
La santé des femmes est également impactée par le changement climatique. Elles sont plus exposées à des risques environnementaux tels que la pollution atmosphérique, les produits chimiques industriels toxiques, la chaleur, etc.
Les femmes constituent 65% des personnes éco-anxieuses. Du fait d’une charge mentale habituelle plus importante, elle est augmentée par une « charge écologique ».
Source : ADEME, Eco-anxiété en France (2025)
Les femmes, plus engagées dans la transition écologique
Les femmes veulent du changement et le mettent en pratique !
Les femmes ne sont pas seulement plus exposées aux impacts du changement climatique. Elles s’engagent aussi souvent davantage pour protéger l’environnement.
Les femmes, plus présentes dans les métiers qui prennent soin des autres… et de la planète.
Les métiers du « care » désigne les activités qui consistent à prendre soin des autres et plus généralement de ce qui nous entoure. En France, les métiers du care sont très majoritairement exercés par des femmes.
Pourquoi ? Les femmes semblent plus concernées par le soin aux autres et aux choses car elles apprennent très jeunes à se préoccuper des autres.
Source : Femmes et Hommes : une lente décrue des inégalités – INSEE
Elles sont plus nombreuses à se dire prêtes à changer leur comportement et leur consommation. Et elles le mettent en pratique davantage que les hommes !
Source : Obs’COP 2024 – IPSOS
Les Françaises sont davantage prêtes que les Français à changer leur comportement et mode de vie pour préserver l’environnement : consommer local, de saison, éviter les emballages plastiques, limiter le chauffage. Les femmes pensent davantage que les comportements en matière de consommation peuvent influer sur le réchauffement climatique alors que les hommes sont plus enclins à penser que la technologie apportera une réponse.
Leur consommation alimentaire aussi varie, les femmes achètent plus de légumes que les hommes.
Sources : CESE, Inégalités de genre, crise climatique, et transition écologique et INSEE, Alimentation et genre
Les femmes trop absentes dans les postes de décisions et de représentation
Alors que les femmes sont les premières touchées par le changement climatique, elles sont souvent absentes des prises de décision de politique écologique.
Par exemple, lors de la COP 30 au Brésil, la présence des femmes dans les délégations nationales aux conférences sur le climat reste inégale : en moyenne, seuls 30 à 35 % des représentants sont des femmes.
Source : Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC)
La participation inégale des femmes aux décisions et au marché du travail renforce les inégalités et empêche souvent les femmes de participer et de contribuer pleinement à l’élaboration, à la planification et à la mise en œuvre des politiques en matière de climat.
Source : Banque de France – La part des femmes parmi les dirigeants d’entreprises françaises croît progressivement
Beaucoup d’organisations publiques et internationales sont conscientes du rôle majeur que jouent les femmes dans la transition écologique et s’organisent pour soutenir les femmes dans leurs projets.
L’Agence française de développement soutient par exemple le projet « Elle produit l’avenir », qui accompagne des femmes leaders dans l’adaptation au changement climatique en Équateur, au Pérou, au Laos et au Vietnam.
Des témoignages de femmes qui agissent en France
Partout en France, des femmes s’engagent concrètement pour accélérer la transition écologique. Voici quelques exemples inspirants.
Gabrielle Demoutiez
Je n’aime pas entendre que tout est perdu d’avance. Si on agit ensemble, on peut changer les choses.
Gabrielle Demoutiez est éco-déléguée au lycée des Flandres à Hazebrouck (Hauts-de-France) et élue au Conseil national de la vie lycéenne, où elle porte des projets pour la biodiversité, les écogestes et la réduction de l’impact énergétique des établissements. Dans son lycée, elle a aussi lancé une action de réemploi en collectant 150 manuels scolaires pour les redistribuer aux futurs élèves.
Découvrir le portrait de Gabrielle Demoutiez
Claire Pétreault
Nous représentons sans doute la dernière génération à pouvoir inverser la tendance en termes de réchauffement climatique.
Claire Pétreault a créé Les Pépites Vertes, une plateforme qui met en lumière les parcours de jeunes professionnels engagés dans la transition écologique et aide les jeunes à trouver un métier à impact. En un an, le réseau a déjà rassemblé plus de 300 jeunes actifs qui témoignent de leur engagement pour la planète.
Découvrir le portrait de Claire Pétreault
Mado Le Fur
On ne peut plus passer à côté du sujet, on n’a qu’une planète.
Mado Le Fur est régisseuse dans l’audiovisuel et écoréférente sur les tournages. Confrontée à la surconsommation de ressources dans ce secteur, elle agit pour instaurer des pratiques plus durables : réduction du plastique, réemploi des décors, utilisation d’énergies renouvelables ou récupération de l’eau sur les plateaux.
Découvrir le portrait de Mado Le Fur
Atteindre l’égalité femmes-hommes pour construire un monde plus durable
Pour réussir à construire un monde plus écologique, plus équitable et plus solidaire, l’ONU et 193 pays ont défini un engagement universel : atteindre 17 objectifs de développement durable d’ici 2030.
L’égalité entre les femmes et les hommes est le cinquième de ces 17 Objectif de Développement Durable.
Ces objectifs de développement durable font état d’une vision partagée par de nombreux pays pour le monde de demain. Tous les objectifs sont liés les uns aux autres : un monde plus durable ne pourra pas être construit sans associer les questions environnementales et les questions sociales comme la lutte contre la pauvreté et l’égalité de genres.
Donner davantage de place aux femmes dans les décisions, leur donner un accès à l’éducation similaire à celui accordé aux hommes, leur permettre de vivre dans de bonnes conditions… sont des éléments indispensables pour atteindre les objectifs de développement durable.
Suivre les tendances de la France pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030.
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