À retenir
- La science participative permet à des citoyens d’agir pour préserver la biodiversité et protéger l’environnement.
- La recherche est essentielle pour comprendre les crises écologiques, mieux protéger la biodiversité et trouver des solutions d’adaptation aux nouvelles conditions climatiques.
- Le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) propose plusieurs programmes de science participative. Les observations peuvent être réalisées en ville ou à la campagne, sur le temps d’une journée ou sur une période plus longue.
C’est quoi la science participative ?
Dans certains domaines comme la médecine, l’astronomie, la biodiversité, les chercheurs ont besoin de données fiables en très grande quantité pour pouvoir améliorer les connaissances.
C’est là que les citoyens peuvent intervenir pour prêter main forte ! Sur la base du volontariat, des citoyens peuvent rejoindre des programmes proposés par des organismes de recherche.
Pas besoin d’être un spécialiste pour participer, chacun peut contribuer à des programmes de science participative sans connaissances préalables. Il suffit de donner un peu de son temps en observant ce qui nous entoure et de respecter un protocole simple, mais rigoureux.
Ces programmes de science participative contribuent à la construction d’une intelligence collective en rassemblant les observations et les savoirs sur la nature.
Pourquoi participer à la science participative ?
S’impliquer dans une opération de science participative, c’est l’occasion d’acquérir de nouvelles connaissances, d’avoir une vision plus claire des enjeux environnementaux et c’est un moyen de participer activement à la protection de la planète !
La recherche, indispensable pour affronter les crises écologiques
Les recherches scientifiques sont essentielles pour faire face aux crises écologiques.
Grâce à l’analyse des changements, de leurs causes et de leurs impacts à court, moyen ou long terme, il est possible de mettre en place des actions de prévention. Par exemple, en observant les populations de loutres pendant des décennies, un plan de prévention a pu être mis en place pour leur permettre de trouver des conditions de vie favorables et favoriser le retour naturel de la Loutre d’Europe dans les régions d’où elle avait disparu.
La recherche joue aussi un rôle essentiel pour trouver des solutions d’adaptation au changement climatique. Par exemple, les observations et les recherches menées sur les espèces végétales sont indispensables pour aider les forêts à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques (des hivers doux, des étés très chauds et des sécheresses plus fréquentes et plus longues).
Exemples de programmes de science participative
Le Muséum national d’Histoire naturelle propose plusieurs programmes de science participative. En voici une petite sélection :
Bugs matter : les insectes ça compte !
Aviez-vous remarqué qu’après un trajet en voiture, il y a de moins en moins d’insectes sur le pare-brise ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas une bonne nouvelle !
Les insectes représentent plus de 2/3 des espèces vivantes. Ils sont essentiels au bon fonctionnement des écosystèmes. Ils contribuent à la fertilité des sols, ils sont indispensables à la reproduction des plantes à fleurs et ils représentent également l’alimentation de nombreuses espèces, notamment des oiseaux.
De nombreuses études montrent que les populations d’insectes diminuent.
40 %
des espèces de pollinisateurs sauvages sont menacées.
36 %
de diminution entre 1990 et 2020 pour les populations de papillons des prairies en Europe.
Source : MNHN – Bugs Matter : un programme pour mesurer le déclin des insectes volants
Plusieurs phénomènes expliquent cette diminution :
- les pollutions variées (lumineuses, sonores, olfactives) ;
- le changement climatique ;
- l’agriculture intensive ;
- la présence d’espèces exotiques envahissantes.
Les chercheurs ne sont pas assez nombreux pour estimer la baisse d’insectes volants. Les citoyens sont appelés en renfort pour évaluer les populations d’insectes.
Pour cela, vous devez photographier la plaque d’immatriculation de votre voiture avec l’application mobile disponible sur Android ou iOS, puis comptez les impacts d’insectes sur votre pare-brise à la fin du trajet.
Qui aurait cru que vos trajets quotidiens vers l’école, l’université ou le travail pouvaient devenir des opportunités scientifiques !
Comptez les oiseaux des jardins
Vous aimez observer les oiseaux dans votre jardin ou depuis la fenêtre ? Apprenez à les identifier et comptez-les pour participer aux recherches sur l’évolution des populations d’oiseaux.
Grâce aux données récoltées, les scientifiques peuvent comprendre quels oiseaux fréquentent les terrains de verdure, à quelles périodes et quels sont les mouvements associés.
Il vous suffit de 10 minutes de temps en temps pour vous mettre à un endroit stratégique et observer ce qui se passe au-dessus de votre tête.
En 2025, plus de 26 000 personnes ont contribué au comptage des oiseaux, vous voulez en faire partie cette année ?
Observez les plantes sauvages en ville
Citadin, citadine, avez-vous déjà pris le temps d’observer la végétation sauvage de votre ville ? Elle se cache souvent sur des surfaces restreintes, le béton ne lui laisse pas beaucoup de place pour s’étendre, pourtant elle est indispensable. La végétation en ville permet de dépolluer l’air, de détoxifier les sols et de tempérer les îlots de chaleur.
Ce programme « Sauvages de ma rue » permet d’établir un état des lieux de la végétation en ville et participe à comprendre ce qui l’affecte, pour mieux la protéger.
Le programme existe depuis 2011 et a déjà permis de faire des découvertes intéressantes : les espèces végétales qui survivent au cœur de la ville sont souvent celles qui apprécient le plus la chaleur.
Lors d’une sortie, choisissez une rue et ouvrez grand vos yeux. Scrutez les trottoirs, les pelouses et les murs à la recherche de taches vertes et suivez le protocole défini par les chercheurs.
- Découvrez d’autres programmes de science participative sur le site du Muséum national d’Histoire naturelle.
- Découvrez une grande variété d’opérations de science participative sur le site OPEN (Observatoires participatifs des Espèces et de la Nature).
Pour aller plus loin
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