À retenir

  • Le compostage, c’est un processus naturel qui transforme les biodéchets en compost : un fertilisant qui enrichit les sols.
  • Il existe plusieurs manières de faire du compostage et plusieurs types de composteurs : individuels, collectifs, pour les maisons, les entreprises ou les appartements.
  • Si vous ne pouvez pas faire de compostage chez vous, votre collectivité propose sûrement une solution de tri des biodéchets.

Le compostage, qu’est-ce que c’est ?

Le compostage est une technique qui permet d’utiliser le processus naturel de transformation des matières dites organiques (déchets de cuisine et déchets de jardin), par des micro-organismes présents dans la terre (vers de compost, insectes, champignons, bactéries, etc.) pour créer un fertilisant naturel pour les sols.

Cette transformation a également lieu dans la nature. La décomposition des feuilles, des branches, des animaux se fait naturellement pour former de l’humus qui constitue la première couche du sol.

Savez-vous quelle est la différence entre le compost et l’humus ?

L’humus est le résultat de la décomposition de la matière organique sans intervention humaine alors que le compost est le résultat de la décomposition de déchets organiques de manière contrôlée par des hommes et des femmes.

Pourquoi faire du compostage ?

Le compostage est très utile pour :

  • gagner du temps et faire des économies (moins de trajets en déchèterie, moins d’achats de terreau),
  • réduire les arrosages (le compost retient très bien l’eau dans le sol),
  • alléger sa poubelle d’environ 50 %,
  • valoriser les déchets de cuisine en ressource utile,
  • améliorer naturellement la qualité du sol grâce à l’apport de minéraux et de matière organique.

C’est également un excellent engrais qu’on peut produire directement à domicile !

Que faire de ses biodéchets quand on ne peut pas faire de compostage ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, les collectivités doivent obligatoirement proposer une solution de tri des déchets alimentaires à leurs habitants. En 2025, près de 50 % des ménages avaient accès à une solution de tri pour les biodéchets mise en place par leur collectivité. Pourtant, un tiers de nos poubelles grises est encore constituée de biodéchets gaspillés, destinés à être incinérés ou enfouis.

Une fois récupérés, ces déchets sont envoyés en compostage industriel ou dans des méthaniseurs. Le compost produit peut ensuite servir de fertilisant aux agriculteurs de la région ou être donné ou vendu aux habitants qui le souhaitent. Le biogaz créé par les méthaniseurs peut servir à remplacer le gaz fossile, à produire de l’électricité, et même être consommé comme carburant pour les véhicules.

Vous pouvez trouver un point de dépôt sur notre page : Que faire de mes déchets alimentaires ?

Pour en savoir plus – Les biodéchets, des ressources précieuses

Comment faire du compostage ?

Il existe plusieurs solutions pour faire du compostage :

  • Le compostage en tas : directement en contact avec la terre, si l’espace le permet, il suffit de le retourner et de le laisser reposer.
  • Le compostage en bac : c’est le plus courant dans un jardin. En plus d’accélérer le processus, il s’adapte aux jardins de toutes tailles (avec plusieurs tailles de bac possibles).
  • Le lombricompostage : placé à l’intérieur d’un logement ou à l’extérieur sur un balcon, c’est un petit compost qui fonctionne à l’aide de vers qui décomposent les déchets répartis dans plusieurs plateaux de travail empilés.

Il est possible de faire du compostage à l’échelle d’un foyer ou avec les voisins d’un même quartier ou d’un immeuble. On parle alors de compostage partagé et cela demande une organisation un peu différente avec 3 bacs, dont un bac réservé à la maturation du compost.

Dans tous les cas, le compost se forme avec le temps. Eh oui, le compost est comme un bon fromage : il faut le laisser s’affiner pour qu’il soit de la meilleure qualité possible ! La durée de maturation dépend des méthodes : en compostage partagé, le compost reste 6 à 9 mois en maturation, alors qu’avec un lombricompostage, il faut compter environ 4 mois pour obtenir un compost mûr !

Source : ADEME – Évaluation des différents systèmes de traitement de proximité des biodéchets

Pour réussir son compost, il faut respecter cinq principes

  • Fragmenter les matières : plus elles sont petites, plus elles se décomposent facilement.
  • Varier les apports : environ deux tiers de matières humides pour un tiers de matières sèches (à chaque apport de cuisine, ajouter un peu de matière sèche).
  • Aérer le compost : environ une fois par semaine, pour apporter de l’oxygène.
  • Contrôler l’humidité : le compost ne doit être ni trop sec, ni détrempé.
  • Récolter au bon moment : quand on ne distingue plus les matières et que l’odeur rappelle celle du sous-bois.

Pour plus de détails sur la création d’un compost, consultez le guide de l’ADEME : Comment réussir son compost ?

Que mettre dans un compost ?

On peut mettre toutes les matières naturelles comme des épluchures, restes de fruits et légumes, restes de repas, mouchoirs, essuie-tout, coquilles d’œufs, marc de café, filtres, sachets de thé, cheveux, poils d’animaux, papier et carton en petite quantité, feuilles mortes, paille, herbe sèche, copeaux de bois, petits déchets de taille et d’élagage (coupés en morceaux).

La clé d’un compost réussi, c’est l’équilibre. Il faut varier les apports pour ne pas « le faire tomber malade ». Le mieux est d’alterner les matières humides / riches en azote (déchets de cuisine) et sèches / riches en carbone (feuilles mortes, broyat, paille, carton brun).

Marie Engerran, guide composteur et apprentie ingénieure en économie circulaire et déchets
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Il ne faut pas mettre dans un compost :

  • Les produits synthétiques et chimiques : le plastique, même dit « compostable » (risque de microplastiques), les cartons imprimés ou très encrés, les cendres de charbon, les sciures de bois (si traitées).
  • Les déchets d’hygiène et sanitaires : les couches, les serviettes hygiéniques, les lingettes, les poussières d’aspirateur, les déchets toxiques ou vecteurs de maladies.
  • Les matières organiques indésirables ou trop lentes à se décomposer : les gros morceaux de bois, les coquillages et coquilles de fruits de mer (huîtres, moules…).

Que faire de son compost ?

Le compost peut être utilisé comme fertilisant pour les sols :

  • Dans le potager : vous pouvez varier l’apport selon les besoins des plantes, le compost peut aussi être utilisé en paillage.
  • Dans le jardin : il peut être utilisé dans la pelouse, les fleurs, dans les haies ou les arbustes.
  • Pour l’entretien des végétaux : il peut être mélangé à la terre en surface ou déposé au pied pour protéger les souches.
  • Dans les jardinières et les pots : pour les plantes d’intérieur ou d’extérieur. Un bon mélange est constitué d’un tiers de compost, d’un tiers de terre et d’un tiers de sable.

Pour plus de précisions sur les modalités d’utilisations du compost, découvrez le guide « Comment utiliser son compost au jardin ? »

Le paillage, vous connaissez ?

C’est une méthode simple pour valoriser vos déchets verts. Il limite les arrosages, réduit le désherbage et nourrit la terre sans effort !

Le principe est simple : en étalant des feuilles mortes, des brindilles et des branches coupées (en morceaux ou broyées), des épluchures au pied des plantes, vous protégez les végétaux du froid et de la sécheresse. En se décomposant doucement, les déchets vont libérer de la matière organique dans le sol, ce qui est excellent pour nourrir les végétaux.

Pour en savoir plus, retrouvez le guide « Comment jardiner au naturel ? »

FAQ

Est-il vrai que le compost attire les nuisibles et dégage une mauvaise odeur ?

Si le compost est bien équilibré et aéré régulièrement (environ une fois par semaine), il n’y a aucune raison qu’il dégage de mauvaises odeurs. En brassant régulièrement, aucun animal ne va s’installer durablement, car l’environnement devient instable et peu accueillant.

Peut-on mettre des agrumes dans un compost ?

Il est tout à fait possible de mettre des agrumes dans un compost. Tout est question d’équilibre : il ne faut pas mettre uniquement des agrumes. Il faut varier les apports.

Peut-on mettre de la viande dans un compost ?

La viande n’est pas un déchet aussi simple à gérer que les déchets végétaux. Elle doit être gérée de manière spécifique :

  • En compostage individuel, il convient de bien enfouir la viande au cœur du tas de compost pour que la dégradation de la matière soit optimale.
  • En compostage collectif, il faut que le dépôt de la viande soit prévu dans les règles établies par le groupe de composteurs.

Si on vit en appartement sans jardin, peut-on composter ?

Oui, c’est tout à fait possible de composter même sans avoir un jardin. Il existe plusieurs solutions. Par exemple, vous pouvez vous renseigner auprès de votre mairie pour savoir s’il existe des composteurs partagés (généralement une inscription est obligatoire). Vous pouvez utiliser les points d’apport volontaire dans le quartier. Vous pouvez aussi installer un lombricomposteur qui fonctionne très bien sur un balcon ou dans un appartement.

Le lombricompostage demande un peu plus de suivi qu’un compost en tas ou en bac dans un jardin. Les volumes sont plus limités. C’est une solution qui demande un petit apprentissage et qui fonctionne bien.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article « Composter ses déchets en appartement, c’est possible ! » .