Le compostage qu’est-ce que c’est ?
Le compostage est un processus naturel de transformation des matières dites organiques (déchets de cuisine et déchets de jardin), par des micro-organismes présents dans la terre (vers de compost, insectes, champignons, bactéries, etc.), en un produit riche en humus : le compost.
Il existe différents types de compostage : le compostage individuel, réalisé chez soi dans un jardin, en bac ou en tas et le compostage partagé, adapté lorsque l’on vit en habitat collectif, en maison sans jardin ou en entreprise.
Le compostage partagé se distingue du compostage individuel car les apports sont plus importants : il faut donc une organisation permettant aux micro-organismes de suivre le rythme. Il est généralement composé de 3 bacs : un bac d’apport, où l’on dépose les matières, un bac de broyat / matières sèches, pour équilibrer les apports et un bac de maturation, où le compost finit de se transformer.
Eh oui, le compost est comme un bon fromage : il faut le laisser s’affiner pour qu’il devienne de meilleure qualité ! En général, en compostage partagé collectif, le compost reste 6 à 9 mois en maturation.
Dans le cas d’une collecte séparée des biodéchets, le plus souvent, ces matières sont ensuite compostées sur des sites dits « industriels ». Le processus reste le même mais à plus grande échelle. Le sujet reste ici la gestion de proximité et le compostage domestique donc le sujet des points d’apport volontaires ne sera pas développé ici.
Que sont les ordures ménagères résiduelles ?
Ce sont tous les déchets jetés dans la poubelle classique, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas mis dans un bac de tri, ni apportés en déchèterie.
Dans ces OMR, 32 % (soit environ 1/3 de notre poubelle) sont composés de biodéchets (déchets alimentaires et déchets de jardin). Ces matières pourraient être triées séparément afin de devenir une ressource organique ou énergétique. On retrouve également au sein des biodéchets 19 kg/habitant/an de gaspillage alimentaire.
Sources : Enquête Collecte ADEME 2023 et MODECOM® 2024 – Campagne nationale de caractérisation
Que mettre dans un composteur et comment s’en occuper ?
Dans un composteur, on peut mettre toutes les matières naturelles. Il faut voir le composteur comme un ventre : tout ce que nous pouvons manger, le composteur peut le digérer… et même plus !
On peut donc y déposer épluchures, restes de fruits et légumes, restes de repas, mouchoirs, essuie-tout, coquilles d’œufs, marc de café, filtres, sachets de thé, cheveux, poils d’animaux, papier et carton en petite quantité, feuilles mortes, paille, herbe sèche, copeaux de bois, petits déchets de taille et d’élagage (coupés en morceaux).
La clé d’un compost réussi, c’est l’équilibre : comme un ventre, il faut varier les apports pour ne pas « tomber malade ». Le mieux est d’alterner les matières humides / riches en azote (déchets de cuisine) et sèches / riches en carbone (feuilles mortes, broyat, paille, carton brun).
Marie Engerran, guide composteur et apprentie ingénieure économie circulaire et déchets
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Mais attention certaines matières sont à ne pas mettre, le plastique, même dit « compostable » (risque de microplastiques), gros morceaux trop longs à se décomposer déchets toxiques ou vecteurs de maladies, cartons imprimés ou très encrés, couches, lingettes, poussières d’aspirateur, cendres de charbon et sciure, coquillages et coquilles de fruits de mer (huîtres, moules…).
Le saviez-vous ? Les 5 principes du compostage
- Bien fragmenter les matières : plus elles sont petites, plus elles se décomposent facilement.
- Varier les apports : environ 2/3 de matières humides pour 1/3 de matières sèches (à chaque apport de cuisine, ajouter un peu de matière sèche).
- Aérer le compost environ une fois par semaine, pour apporter de l’oxygène.
- Contrôler l’humidité : le compost ne doit être ni trop sec, ni détrempé.
- Récolter au bon moment : quand on ne distingue plus les matières et que l’odeur rappelle celle du sous-bois.
Que faire de son compost une fois mûr ?
Le compost peut être utilisé en jardinière et rempotage, au potager, au pied des arbres, haies et parterres de fleurs, sur la pelouse (en fine couche) ou encore mélangé à la terre comme engrais naturel et amendement.
Pourquoi faire du compostage ?
Le compostage est très utile pour :
- gagner du temps et faire des économies (moins de trajets en déchèterie, moins d’achats de terreau),
- réduire les arrosages (le compost retient très bien l’eau dans le sol),
- alléger sa poubelle d’environ 50 %,
- transformer les déchets de cuisine en ressource utile,
- améliorer naturellement la qualité du sol grâce à l’apport de minéraux et de matière organique.
C’est également un excellent engrais produit directement à domicile.
Quelles sont les principales idées reçues sur le compostage ?
Il existe plusieurs idées reçues qu’il est important de clarifier.
Le compost attire les nuisibles et dégage une mauvaise odeur
La clé, c’est la gestion du composteur. Si le compost est bien équilibré et aéré régulièrement (environ une fois par semaine), il n’y a aucune raison qu’il dégage de mauvaises odeurs, et donc qu’il attire des nuisibles. En brassant régulièrement, aucun animal ne va s’installer durablement, car l’environnement devient instable et peu accueillant.
Peut-on mettre les agrumes au compost ?
Oui, absolument ! Mais encore une fois, tout est question d’équilibre : il ne faut pas mettre uniquement des agrumes. Le principe est simple : presque tout peut aller au compost, à condition de varier les apports.
Peut-on mettre de la viande au compost ?
La viande n’est pas un déchet aussi simple à gérer que les déchets végétaux. Elle doit être gérée de manière spécifique.
- En compostage individuel, il convient de bien enfouir la viande au cœur du tas de compost pour que la dégradation de la matière soit optimale.
- En compostage collectif, il faut que le dépôt de la viande soit prévue dans les règles établies par le groupe de composteurs.
Si on vit en appartement sans jardin, peut-on composter ?
Oui, c’est tout à fait possible. Il existe plusieurs solutions : se renseigner auprès de sa collectivité pour savoir s’il existe des composteurs partagés (avec inscription), utiliser les points d’apport volontaire si la collectivité propose une collecte des biodéchets, installer un lombricomposteur, qui fonctionne très bien sur un balcon ou dans un appartement.
Le lombricompostage demande un peu plus de suivi, et les volumes sont plus limités, mais avec une petite formation, c’est totalement réalisable.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cet article « Composter ses déchets en appartement, c’est possible !« .
Est-ce que le compostage prend du temps ?
Que ce soit en individuel ou en collectif, le compostage ne prend pas beaucoup de temps. En compostage individuel, il suffit de déposer ses déchets et de brasser régulièrement. En compostage collectif, il faut aussi brasser, et certaines étapes prennent un peu plus de temps, comme le transfert du bac d’apport vers le bac de maturation, le retournement, la distribution du compost. Mais c’est aussi l’occasion de faire des « apéro compost » et de partager un moment convivial avec le groupe.
Partout en France, de nombreuses collectivités distribuent des composteurs individuels et/ou organisent et coordonnent le compostage partagé sur leurs territoires. Particuliers en habitat individuel ou collectif, entreprises ou services publics : n’hésitez pas à vous renseigner auprès des services de votre collectivité locale.
Lancez-vous dans le compostage !
Pour aller plus loin
Article – Tous au compost pour réduire les déchets
Réduire la quantité de déchets dans nos poubelles, ce n’est pas si difficile. Composter les déchets organiques, qui représentent plus d’un tiers de nos poubelles, est possible à la maison, à l’école, au collège, au lycée et même en entreprises.
Article – Comment utiliser son compost au jardin ?
100 % gratuit et 100 % naturel, le compost est un amendement idéal pour le jardinage. Il suffit de l’adapter aux besoins des plantes aux différentes périodes de l’année. L’ADEME vous donne toutes les clés pour bien l’utiliser, améliorer la structure de vos sols et y favoriser la biodiversité.
Rubrique – Tout savoir pour composter et pailler
Les déchets organiques, comme les restes de repas ou les déchets issus du jardinage, méritent mieux que de finir à la poubelle ! Compostés, ils viennent nourrir les plantes en pot et tout le jardin. Paillés, ils protègent les végétaux du gel en hiver et du dessèchement en été.
La vie cachée des sols
Il est essentiel d’apporter régulièrement de la matière organique dans les sols pour les maintenir en bonne santé.
Composter ses déchets est une solution à la portée de beaucoup de citoyens pour nourrir les sols et favoriser le développement de la biodiversité sous nos pieds.