À retenir

  • La crise de la biodiversité correspond à une période où un déséquilibre s’installe et où des espèces animales et végétales disparaissent ou ne se renouvellent plus suffisamment à l’échelle de la planète.
  • Les activités humaines sont responsables de cette crise.
  • La biodiversité fait face à 5 grandes menaces : la destruction des habitats naturels, la surexploitation des ressources, le changement climatique, la pollution, l’introduction d’espèces exotiques envahissantes.
  • Nous sommes dépendants de la biodiversité : humains, animaux et écosystèmes sont connectés et s’affectent mutuellement.
  • Les COP de la biodiversité, organisées tous les deux ans par la communauté internationale, tentent de trouver des solutions.

La biodiversité, c’est quoi ?

Quand on parle de biodiversité, on fait référence à toutes les formes de vie sur notre planète : les plantes, les animaux, les bactéries… Ce monde vivant dépend des équilibres écologiques mis en place depuis des millions et des millions d’années. Pourtant, à cause de leurs modes de vie peu durables, les êtres humains ont perturbé ces équilibres et on assiste à une dégradation de la biodiversité à de nombreux endroits sur la planète.

Si on parle aujourd’hui de crise de la biodiversité, c’est parce que les espèces disparaissent plus vite qu’elles ne se renouvellent, et cela à un rythme effréné : le rythme de disparition est 100 à 1 000 fois supérieur au taux naturel d’extinction, c’est pourquoi on parle de 6ᵉ extinction de masse. Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à consulter notre article Biodiversité : faut-il craindre une extinction de masse ?

Préserver la biodiversité est essentiel car nous sommes dépendants d’elle. Si elle se dégrade, nous en pâtissons également. Depuis quelque temps, la notion de « One Health » émerge. Elle montre que la santé des humains dépend de celle des animaux et des écosystèmes. Pour en savoir plus, consultez l’article One Health : humains, animaux, nature, on est tous reliés.

Chiffres clés

¼

des espèces vivantes sont menacées d’extinction d’ici 2050 ¹

80 %

des emplois seraient affectés par la dégradation de la biodiversité ²

Sources :

5 menaces majeures sur la biodiversité

Les activités humaines sont en grande partie responsables de la crise de la biodiversité. Elles sont à l’origine des 5 facteurs qui bouleversent les équilibres naturels :

  • La destruction des habitats naturels : l’urbanisation des territoires et l’agriculture intensive modifient les paysages.
  • La surexploitation des ressources : ne laisse pas le temps aux espèces de se régénérer.
  • Le changement climatique : modifie brutalement les conditions de vie des espèces.
  • La pollution : fragilise les écosystèmes et menace la durée de vie des espèces.
  • L’introduction d’espèces exotiques envahissantes : menace d’autres espèces présentes depuis très longtemps sur le territoire (on les appelle les espèces endémiques).

Les COP de la biodiversité, une réponse à la crise ?

Pour faire face à la crise de la biodiversité, des solutions existent mais cela nécessite une coopération internationale.

Tous les deux ans, une Conférence des Parties (COP) réunit des scientifiques, des décideurs du monde entier et des acteurs économiques sur le sujet de la biodiversité. Moins connue que son homologue sur le climat, la COP sur la biodiversité est pourtant tout aussi importante.

Chaque COP réunit les États signataires de la Convention sur la diversité biologique de 1992 qui décident de plans de travail pour atteindre les objectifs définis dans la convention :

  • La conservation de la biodiversité.
  • L’utilisation soutenable du vivant.
  • Le partage juste et équitable des avantages issus des ressources génétiques.

Les COP sont aussi l’occasion d’évaluer les progrès sur les enjeux de biodiversité. Et des enjeux, il y en a !

Qu’ont apporté les précédentes COP ?

Les COP sur la biodiversité ont lieu depuis 1994. Sans toutes les nommer, certaines ont permis l’adoption d’engagements importants :

  • 1994 (COP 1) : la première Conférence des Parties pour la Convention sur la diversité biologique de Nassau, aux Bahamas, a permis d’établir les modalités d’organisation des futures COP, auxquelles participent aujourd’hui 196 Parties signataires de la convention.
  • 1998 (COP 4) : c’est à Bratislava, en Slovaquie, qu’a été adopté le Mandat de Jakarta (rédigé à Jakarta lors de la COP 2), un consensus mondial sur l’importance de la diversité biologique marine et côtière.
  • 2000 (COP Extraordinaire 1) : les Parties signataires de la CBD se sont réunies exceptionnellement à Montréal en 2000 pour adopter le Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques. C’est le premier accord international sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Il vise à prévenir les risques pour la biodiversité et la santé humaine liés à leur utilisation.
  • 2010 (COP 10) : le Protocole de Nagoya a été adopté lors de la dixième COP sur la biodiversité à Nagoya, au Japon. Il fixe pour objectif le partage juste et équitable des bénéfices issus de l’utilisation des ressources génétiques. C’est-à-dire des êtres vivants (végétaux, animaux, micro-organismes) sélectionnés par les éleveurs, agriculteurs ou scientifiques en fonction de leurs besoins. Le Protocole de Nagoya établit également un plan stratégique pour préserver la biodiversité pour la période 2011-2020, ainsi que l’objectif de constituer un panel international d’experts sur la biodiversité, l’IPBES (l’équivalent du GIEC pour la biodiversité). À la suite de cela, l’IPBES a été officiellement créé en 2012.
  • 2022 (COP 15) : le cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal est un plan stratégique historique pour la période 2022-2030, adopté lors de la COP 15 à Montréal. Il fixe des objectifs de long terme pour la préservation et la restauration de la biodiversité d’ici à 2050 et 23 cibles d’action d’ici à 2030. L’accord fixe notamment pour cibles à horizon 2030 :
    • L’atteinte de 30 % d’aires marines, côtières, terrestres et d’eaux douces protégées au niveau mondial.
    • La réduction de la perte des zones de forte importance pour la biodiversité.
  • 2024 (COP 16 et 16.2) : ces COP devaient finaliser les engagements pris à travers l’accord de Kunming-Montréal et en déterminer la mise en œuvre et le financement. Ainsi, plusieurs pays développés se sont engagés à contribuer au financement du cadre. La COP 16 a aussi permis la création du « Fonds de Cali », un moyen pour les pays en développement de demander une part des bénéfices aux entreprises qui profitent de leurs données génétiques, c’est-à-dire des données issues de leur biodiversité d’origine. Enfin, cette conférence a permis la reconnaissance des peuples autochtones et des communautés locales avec la création d’un organe de représentation permanent.

Quels objectifs pour la COP 17 ?

La COP 17 se tiendra à Erevan, en Arménie, du 18 au 30 octobre 2026.

Elle devrait permettre de faire le point sur les progrès réalisés, de renforcer d’autres engagements et de déterminer la réaction internationale en cas de retard sur les objectifs. À suivre…

FAQ

Pourquoi parle-t-on de « crise » de la biodiversité ?

On parle de crise pour montrer le déséquilibre qui s’installe dans une période bien déterminée. Depuis plusieurs années, les scientifiques observent une perte de la biodiversité anormalement élevée, un rythme de disparition bien supérieur à la moyenne qui est, dans notre cas actuel, principalement causé par les activités humaines. En parlant de crise, on appuie sur le besoin de trouver des solutions pour enrayer la situation de déséquilibre.

Pourquoi y a-t-il une crise de la biodiversité ?

L’équilibre de la biodiversité est menacé par les activités humaines. Elles conduisent à :

  • La destruction des habitats naturels.
  • La surexploitation des ressources.
  • Le changement climatique.
  • La pollution.
  • L’introduction d’espèces exotiques envahissantes.

Ces 5 facteurs empêchent les espèces animales et végétales de se renouveler suffisamment. Certaines espèces risquent même de disparaître totalement. C’est pour cela qu’on parle du risque d’assister à une 6ᵉ extinction de masse.

Que veut dire COP de la biodiversité ?

Le terme COP se rapporte au nom en anglais des conférences des parties : Conferences of the Parties.

À quoi servent les COP de la biodiversité ?

Les conférences des parties de la biodiversité sont des réunions qui ont lieu tous les 2 ans entre des décideurs politiques rassemblés autour de la protection de la biodiversité. Ces derniers sont accompagnés de scientifiques et d’acteurs économiques afin de guider leurs actions.