À retenir
- L’intelligence artificielle (IA) est une notion apparue dans les années 1950, mais les IA génératives, comme ChatGPT, Gemini ou Mistral, connaissent un essor important depuis 2022.
- L’intelligence artificielle est utile dans de nombreux domaines (santé, automobile, transport…). Mais le recours à l’IA génère des impacts sur l’environnement : le fonctionnement des data centers (centres de données en français) consomme beaucoup d’électricité et d’eau, produit des émissions de gaz à effet de serre. La fabrication du matériel numérique utilise des minerais stratégiques dont l’extraction entraîne des pollutions de l’air, du sol et de l’eau.
- De bonnes pratiques permettent de limiter ces impacts environnementaux : par exemple, éviter d’utiliser l’IA pour s’amuser en créant des images et des vidéos…
L’intelligence artificielle, un sujet pas si nouveau
L’intelligence artificielle, cela veut dire quoi exactement ?
L’expression « intelligence artificielle » peut faire référence à plusieurs notions. De façon générale, elle désigne le travail de machines informatiques capables d’effectuer des tâches qui nécessitent d’habitude une intelligence humaine. Dans le langage courant, on utilise souvent le terme « IA » pour parler de l’intelligence artificielle.
Désormais, on utilise l’IA dans de nombreux domaines comme :
- La santé, pour aider les médecins à poser un diagnostic ou dépister certaines maladies : par exemple, à partir d’une mammographie, l’IA peut identifier des signes précoces de cancer du sein qu’un œil humain ne serait pas toujours en mesure de repérer.
- L’automobile, pour développer notamment les systèmes d’aide à la conduite (ADAS), qui permettent de détecter la présence de piétons ou de cyclistes autour du véhicule et de déclencher le freinage d’urgence si nécessaire.
- La recherche, pour traiter de très grandes quantités de données et créer des modèles virtuels reproduisant la réalité.
L’usage public le plus connu est celui de l’intelligence artificielle dite « générative » (IAG). Celle-ci est capable de créer de nouveaux contenus, comme des textes, des images, des vidéos ou de la musique.
Ce qui est nouveau, ce n’est donc pas l’intelligence artificielle en elle-même. C’est l’essor des IA génératives.
Le saviez-vous ? en France, les premières IA datent des années 50.
Depuis quelques années, l’intelligence artificielle (IA) s’est imposée dans notre quotidien. Pourtant, elle existe depuis bien plus longtemps.
Dès les années 1950, le mathématicien britannique Alan Turing s’interroge : les machines peuvent-elles penser ? Pour répondre à cette question, il met au point un test. L’objectif est de vérifier si un ordinateur est capable de se faire passer pour un être humain lors d’une conversation.
C’est le célèbre test de Turing, qui a ouvert la voie au développement de l’intelligence artificielle.
L’IA s’appuie sur une méthode d’apprentissage automatique (machine learning en anglais) : elle analyse une très grande quantité de données afin d’en repérer les similarités, puis s’en sert pour générer de nouveaux contenus.
L’IAG est utilisée par des assistants numériques comme ChatGPT (OpenAI), Claude (Anthropic), Copilot (Microsoft), Mistral (Mistral AI), Gemini (Google) ou encore Grok (xAI). En quelques années, ces assistants sont devenus très populaires : en 2026, près d’un Français sur deux a déclaré avoir recours à l’IAG, soit 48 % de la population, selon le Baromètre du numérique 2026 du Crédoc.
Mais cela pose une vraie question : plus on utilise les IAG, plus on échange de données et plus on fait fonctionner les data centers. Cette utilisation importante des IAG entraîne donc une importante consommation d’électricité, d’eau pour refroidir les data centers et de matières premières pour fabriquer toujours plus de matériel numérique.
Article – Comment ça marche un data center ?
Quels sont les impacts environnementaux de l’IA ?
Les IA, une consommation d’énergie qui explose
Les IA traitent énormément de données pour « apprendre » et améliorer leurs performances. Ces données sont traitées dans de puissants ordinateurs stockés dans d’immenses infrastructures appelées data centers (centres de données en français).
Ces data centers ont besoin d’une grande quantité d’électricité pour fonctionner. Dans certains pays, l’électricité est fabriquée grâce aux énergies fossiles (le pétrole, le gaz, le charbon) qui émettent des gaz à effet de serre et contribuent au réchauffement climatique. Ainsi, plus on consomme d’électricité, plus on émet de gaz à effet de serre, ce qui aggrave le changement climatique.
En France, l’électricité est produite en très grande majorité par des centrales nucléaires et des énergies renouvelables. C’est pour cela qu’on dit que l’électricité est décarbonée, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’on peut en consommer sans limite.
En effet, les outils d’IA utilisés en France dépendent aux ⅔ de data centers hébergés à l’étranger, là où l’électricité n’est pas forcément décarbonée.
La consommation électrique des data centers dans le monde pourrait doubler d’ici à 2030 pour atteindre l’équivalent de la consommation d’électricité du Japon. En France, cette consommation pourrait être multipliée par 3,7 d’ici à 2035.
Les IA, une utilisation croissante de ressources naturelles
Les data centers, qui stockent et traitent les données, utilisent de l’eau pour refroidir les équipements. Avec le changement climatique, l’eau devient une ressource de plus en plus précieuse qui peut manquer à certains moments de l’année.
Le partage de l’eau pour tous les besoins risque donc de devenir de plus en plus complexe : si l’eau est indispensable au fonctionnement des data centers, elle l’est aussi pour bien d’autres usages à la maison, pour l’agriculture et le fonctionnement de beaucoup d’activités économiques. Et n’oublions pas qu’il faut garder de l’eau disponible pour les écosystèmes, pour ne pas priver les animaux et les plantes d’une ressource vitale pour eux.
De plus, l’intelligence artificielle utilise de nombreux équipements numériques. Ils contiennent des composants électroniques pour fonctionner, comme des puces et des microprocesseurs. Pour les fabriquer, il faut extraire des minerais, ce qui pollue souvent les sols, l’air et l’eau. Il faut également extraire des métaux stratégiques, disponibles en quantité limitée et dans quelques pays seulement.
Comment utiliser l’IA de façon plus responsable ?
Nous pouvons tous limiter la pollution liée à l’IA et ses impacts sur l’environnement en prenant quelques bonnes habitudes :
- Éviter de créer des photos et des vidéos avec l’IA générative : ces contenus consomment beaucoup plus d’énergie qu’un texte ; l’utilisation d’une banque d’images est préférable.
- Utiliser des IA bien adaptées à votre besoin. Vous n’avez pas forcément besoin du dernier modèle Claude ou ChatGPT version pro en raisonnement élevé si vous utilisez l’IAG pour effectuer de la correction orthographique.
- Désactiver les fonctionnalités « augmentées » à l’IA générative dans les services traditionnels.
Découvrez d’autres bonnes pratiques et gestes simples sur le site de la Communication responsable.
L’IA, utile pour la transition écologique ?
L’IA peut jouer un rôle dans la transition écologique. Elle permet notamment de développer des solutions pour surveiller et analyser l’environnement à l’échelle mondiale. Par exemple, elle peut aider à faire des prévisions plus précises sur le climat et à mieux comprendre son évolution. Elle peut aussi servir à mieux gérer les réseaux d’eau potable ou l’éclairage public.
Aujourd’hui, pourtant, il n’est pas possible de savoir si les bénéfices de l’IA pour l’environnement sont plus importants que la pollution qu’elle génère. Les données liées aux impacts environnementaux sont peu disponibles.
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Du côté des data centers, des solutions sont aussi étudiées pour limiter leurs impacts. Par exemple, en développant l’utilisation des énergies renouvelables pour les alimenter, en récupérant la chaleur qu’ils produisent pour chauffer des bâtiments…
Est-ce que l’IA pollue ?
Oui, c’est le fonctionnement des data centers nécessaires pour l’IA qui entraîne des pollutions.
Concrètement, lorsqu’une IA exécute une tâche (rédiger un texte, effectuer une recherche, créer une image…), des ordinateurs très puissants réalisent une quantité importante de calculs informatiques en une fraction de seconde.
Plus l’IA est utilisée, et plus la quantité de calculs à réaliser augmente. Pour répondre à la demande, il faut donc plus de data centers, plus grands et plus puissants. Ces infrastructures nécessitent une grande quantité de ressources, que ce soit les matériaux pour les construire ou l’eau pour les refroidir.
Plus de calculs, c’est aussi plus d’électricité consommée pour alimenter les data centers. Or, dans certains pays, l’électricité est produite avec des énergies fossiles. La production d’électricité génère alors des gaz à effet de serre (GES). Les chiffres communiqués par Google en 2024 sont intéressants pour estimer ce phénomène : ses émissions de GES ont augmenté de 13 % en 1 an, et de 48 % sur 5 ans.
Source : SPOTE – L’impact environnemental : vers une IA durable et frugale.
Quelle est la différence de consommation entre ChatGPT et Google ?
Il n’existe pas à ce jour de données précises sur la différence de consommation entre ChatGPT et Google. D’autant plus que Google utilise aussi désormais l’IA générative pour proposer des résumés dans les résultats de recherche (Aperçu IA et Mode IA).
Source : Nations Unies – Intelligence artificielle : quelle quantité d’énergie pour l’IA ?
Pour aller plus loin
Article – Le numérique responsable, c’est quoi ?
Le numérique a un impact sur l’environnement, découvrez les bonnes pratiques pour un numérique responsable.
Article – Gaming : quel coût pour la planète ?
La France compte de plus en plus de gamers. Mais quel est le coût environnemental du gaming ? Le cloud gaming est-il une solution pour diminuer l’empreinte carbone des jeux vidéo ? Découvrez nos explications.
Infographie – Quels sont les impacts environnementaux du numérique ?
Cette infographie présente les impacts environnementaux réels du numérique et les solutions pour les limiter.
Guide – L’IA pour les noobs
Découvrez ce livret illustré qui décrypte l’intelligence artificielle de manière accessible. Une ressource précieuse pour mieux comprendre cette technologie de plus en plus présente dans nos quotidiens.
Vidéo – Qu’est-ce qu’on consomme quand on utilise l’IA ?
À travers une discussion avec des ingénieurs de l’ADEME, cette vidéo met en lumière les ressources nécessaires et les impacts environnementaux du fonctionnement de l’IA.
Quiz – Quel utilisateur d’IA êtes-vous ?
L’intelligence artificielle prend de plus en plus de place dans notre quotidien. Découvrez votre profil d’utilisateur grâce au quiz réalisé en partenariat avec ID L’info durable.