À retenir
- La pollution de l’eau résulte de l’introduction de substances qui menacent le bon fonctionnement des milieux aquatiques.
- Les activités humaines (agriculture, usages domestiques, industries, transports…) sont responsables d’une grande partie de la pollution de l’eau.
- On peut classer les polluants par taille : les macropolluants (que l’on voit à l’œil nu) et les micropolluants invisibles à l’œil nu mais pourtant bien présents dans l’eau.
- La pollution de l’eau menace les écosystèmes et la santé des êtres humains.
- En France, on traite l’eau avant de la distribuer au robinet.
- En France, la qualité de l’eau potable est étroitement surveillée. Les Agences régionales de santé donnent un accès direct aux contrôles qu’elles effectuent sur la qualité de l’eau potable.
De l’eau utilisée par qui et pour quoi ?
Nous avons besoin de très grandes quantités d’eau pour satisfaire tous nos besoins :
Nous consommons de l’eau dans nos foyers pour les douches, la cuisine, la lessive, la vaisselle, les toilettes, le ménage, l’arrosage du jardin.
L’agriculture utilise de l’eau pour l’irrigation et l’élevage.
L’industrie a besoin de grandes quantités d’eau pour fabriquer des produits, faire fonctionner et refroidir des machines.
Les centrales nucléaires ont besoin d’eau pour refroidir les réacteurs.
Les datacenters consomment également de l’eau pour refroidir les processeurs qui libèrent de grandes quantités de chaleur.
Notre consommation d’eau est donc bien plus importante que celle que l’on voit couler du robinet.
Voici la répartition de la consommation d’eau prélevée en France :
- 16,4 % nous alimente en eau potable,
- 52,3 % sert à produire de l’énergie,
- 6,5 % est utilisée par l’industrie et les activités économiques,
- 10,5 % permet d’irriguer les champs,
- 14,1 % vient alimenter les canaux.
Source (2026) : Eaufrance – L’infographie annuelle de la BNPE 2022
Toute l’eau utilisée ne passe pas par les mêmes étapes avant de retourner dans le milieu naturel. Par exemple, l’eau utilisée pour refroidir des data centers ou les réacteurs des centrales nucléaires ainsi que l’eau servant à irriguer les champs peut retourner directement dans le milieu naturel sans passer par des stations d’épuration.
L’eau évacuée par les douches, les toilettes, les industries passe par des stations d’épuration qui séparent autant qu’elles le peuvent l’eau des polluants. Mais ce n’est pas parfait. On ne peut pas toujours éliminer tous les polluants lors d’un traitement de l’eau.
Qu’est-ce qui pollue l’eau douce ?
La pollution de l’eau, c’est le fait d’introduire une substance ou de la matière qui peut porter atteinte au bon fonctionnement du milieu aquatique, à la biodiversité qui y vit et à la santé des êtres humains.
On considère qu’une substance ou une matière pollue l’eau et représentent une menace réelle pour l’environnement ainsi que pour la santé humaine quand elles dépassent une certaine limite. Si les polluants présents dans l’eau sont inférieurs à ce seuil, leur présence dans l’eau n’est pas considérée comme dangereuse.
Les macropolluants de l’eau
Les macropolluants sont des déchets que l’on peut voir flotter dans l’eau comme des bouteilles, des lingettes, des mégots, des canettes ainsi que des matières organiques. Ces déchets peuvent contenir des substances comme les phosphates, les nitrates et l’ammonium. Ces substances sont naturellement présentes dans l’eau mais les activités humaines en accroissent la concentration.
On entend souvent parler de la pollution aux nitrates car elle a des conséquences majeures pour la santé et peut perturber de façon importante les écosystèmes.
Les nitrates sont une des formes de l’azote. Ils contribuent à la croissance des végétaux. Quand les plantes sont récoltées, l’azote quitte le sol. Pour compenser cette perte et garder des terres fertiles, les agriculteurs sont nombreux à utiliser des engrais azotés, composés en partie de nitrates.
Le problème est que les nitrates se dissolvent facilement dans l’eau et se diffusent dans les eaux de surface (rivières, lacs…) ou dans les eaux souterraines (nappes phréatiques). À des doses trop élevées, les milieux aquatiques sont pollués.
Les nitrates, quels effets sur la santé ?
Dans l’organisme humain, les nitrates se transforment en nitrites. Les nitrites peuvent empêcher un transport correct de l’oxygène par les globules rouges en modifiant les propriétés de l’hémoglobine du sang. Les légumes et les produits de charcuterie (nitrates utilisés comme conservateurs) sont les principales sources d’apport en nitrates par l’alimentation.
En revanche, l’eau du robinet est la principale source d’exposition alimentaire aux nitrates pour les nourrissons. Ainsi, en cas de dépassement de la limite de qualité de 50 mg/L, l’Agence régionale de Santé recommande aux femmes enceintes et aux nourrissons de moins de 6 mois de ne pas consommer l’eau.
Les études menées sur les nitrates ne permettent actuellement pas de tirer des conclusions définitives sur d’éventuels effets cancérigènes.
Source (2026) : ARS – Les nitrates
Toutes les cultures ne demandent pas les mêmes apports en azote. La culture des légumineuses présente un sérieux atout écologique car les légumineuses ont la capacité de fixer l’azote dans le sol ce qui permet de réduire les apports en engrais pour les cultures suivantes. Conclusion : plus de légumineuses, c’est moins de pollution à l’azote !
Pour en savoir plus sur les légumineuses et découvrir des recettes avec des légumes secs :
- Pour une alimentation plus écologique, mangez des légumineuses
- Des recettes toutes simples à base de légumineuses
Sources :
- Agence de l’eau Loire-Bretagne (2025) – La pollution de l’eau décryptée
- Eaufrance – Glossaire
Les micropolluants de l’eau
Les micropolluants, présents dans des produits ménagers, des médicaments, des cosmétiques, peuvent se retrouver dans les eaux après avoir été évacués avec les eaux usées. Les stations d’épuration rencontrent en effet des difficultés à les supprimer des eaux usées.
S’ajoutent également les micropolluants émis par les transports routiers, l’industrie, l’agriculture : métaux lourds (mercure, plomb…), hydrocarbures, solvants, pesticides, biocides.
La fabrication d’objets est également responsable de l’émission de micropolluants comme celle des poêles anti-adhésives (qui libèrent des PFAS).
Plus de 110 000
molécules sont recensées comme des micropolluants
Source (2025) : Agence de l’eau Loire-Bretagne – La pollution de l’eau décryptée
Des micropolluants sont aussi présents dans l’air. Ils sont par exemple émis par l’usure des pneumatiques qui frottent sur la route. Ils peuvent retomber sur le sol avec les pluies puis ruisseler jusqu’aux lacs et rivières ou encore s’infiltrer dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques.
Ces substances polluantes sont présentes à de très faibles concentrations dans l’eau (de l’ordre du microgramme par litre voire du nanogramme par litre), c’est pourquoi on les appelle des micropolluants. Pour avoir un ordre de grandeur, cela peut représenter un sucre dans une piscine olympique.
Les micropolluants, quels effets sur la santé ?
Les micropolluants sont présents dans toute la chaîne alimentaire. Ils peuvent avoir des impacts importants sur la santé : réduction des défenses immunitaires, augmentation du nombre de cancers chez les enfants, apparition de malformations génitales et de puberté précoce, difficultés de procréation pour les jeunes générations…
Sources :
- Agence de l’eau Loire-Bretagne (2025) – La pollution de l’eau décryptée
- Les agences de l’eau (2019) – Micropolluants, qui sont-ils ?
Les pesticides
Les pesticides sont des substances chimiques utilisées en agriculture. Ils aident les agriculteurs à lutter contre les mauvaises herbes et les insectes considérés comme nuisibles au développement des plantes cultivées.
Le problème : les pesticides ne restent pas là où on les utilise, ils se répandent dans la nature car ils s’évaporent ou ruissellent avec les eaux de pluie. Ils contaminent alors les eaux de surface et les nappes souterraines.
Les pesticides se dégradent lentement et sont présents dans la plupart des milieux aquatiques contrôlés.
Pour en savoir plus sur l’utilisation et les effets des pesticides, nous vous conseillons de lire cette BD.
Les microplastiques et nanoplastiques
La pollution plastique est présente partout dans le monde. Tous les déchets laissés dans la nature finissent par se fragmenter en morceaux de plus en plus petits qui pénètrent dans tous les milieux (dans l’eau, le sol, les organismes vivants…). La pollution plastique est un véritable fléau.
Les microplastiques mesurent moins de 5 mm. Ils sont issus de la fragmentation de gros morceaux de plastiques mais aussi d’autres sources comme :
- les pneus et les marquages routiers ;
- les textiles synthétiques ;
- les peintures marines ;
- les cosmétiques ;
- les produits de nettoyage ;
- les granulés de plastique ;
- les poussières urbaines.
Les nanoplastiques sont des particules de plastique plus petites que cent nanomètres ou un micromètre. C’est la taille d’une bactérie, soit 10 fois plus petit que le diamètre d’un cheveu. On peut retrouver des nanoplastiques dans l’eau potable.
Saviez-vous que laver du linge libère des microplastiques dans les eaux usées ?
Nos vêtements en polyester, acrylique et en nylon, sont fabriqués avec des fibres plastiques élaborées à partir de pétrole. Lorsque vous lavez vos vêtements à la machine, des microfibres de plastique se détachent et sont évacuées avec les eaux usées. Ces fibres ne sont pas stoppées ni détruites dans les stations d’épuration. Elles sont rejetées avec les eaux traitées dans les rivières et finissent dans les océans.
500 000
tonnes de microfibres de plastique sont libérées par les lessives chaque année à l’échelle mondiale
Source (2025) : Les microplastiques dans l’eau : une pollution en croissance, mais aux enjeux encore insuffisamment pris en compte (PDF – 545 ko)
Les PFAS
Les PFAS, aussi appelés « polluants éternels », sont des substances chimiques synthétiques utilisées dans la production de nombreux produits pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes aux agressions chimiques et aux fortes températures.
On en retrouve dans tous les milieux : dans le sol, dans l’air et dans l’eau.
Les médicaments
Les molécules présentes dans les médicaments peuvent se retrouver dans l’eau. Comment est-ce possible ? Notre organisme évacue une partie des molécules en allant aux toilettes. Présentes dans les eaux usées, ces molécules ne sont pas toutes éliminées par les stations d’épuration car elles ne sont pas conçues pour filtrer ces substances. Une bonne partie des molécules présentes dans les médicaments est rejetée dans l’environnement.
L’industrie pharmaceutique peut également être responsable de rejets à cause d’un incident de production ou de traitement des eaux usées pas assez efficace.
Entre 2019 et 2021, 8 médicaments ont été régulièrement détectés dans les rivières et les lacs en France métropolitaine.
Source (2026) : Notre-environnement – Résidus de médicaments : une contamination avérée des rivières et nappes phréatiques
Les conséquences de la pollution de l’eau sur l’environnement
L’eutrophisation
Le phénomène de l’eutrophisation est causé par un apport trop important de nutriments (azote et phosphore) dans l’eau. Comme ces substances sont des engrais favorables au développement des plantes, les végétaux présents dans le milieu se développent.
Quelles conséquences sur les écosystèmes :
- La végétation obstrue le passage de la lumière dans le lac,
- des bactéries se développent et émettent un gaz toxique pour les animaux et les êtres humains,
- les bactéries pompent l’oxygène pour fonctionner ce qui prive d’oxygène les autres organismes aquatiques.
Résultat : le manque de lumière et d’oxygène engendre la disparition massive des organismes aquatiques, poissons compris. La biodiversité diminue.
Comment savoir si un milieu aquatique est touché par l’eutrophisation ?
Si vous observez une couche de végétation à la surface d’un lac ou une « marée verte » (en Bretagne par exemple), c’est que l’eau est certainement polluée et que le phénomène d’eutrophisation est en marche.
Une biodiversité perturbée
Les polluants qui se diffusent dans l’eau ont un impact négatif sur la biodiversité. Les micropolluants même en petite quantité peuvent être responsables d’une hausse de mortalité, de mutations, de déformations des plantes et animaux aquatiques ou même du changement de sexe chez certains poissons !
Les résidus de médicaments sont également responsables d’effets nocifs sur la biodiversité. En s’accumulant dans les organismes des poissons et des mammifères marins, ils perturbent leur reproduction et modifient leur comportement.
La qualité de l’eau en France
En France, la qualité de l’eau est très étroitement surveillée :
- 782 pesticides sont surveillés en France hexagonale.
- 689 pesticides sont contrôlés dans les territoires d’Outre-mer.
Vous pouvez accéder facilement aux données des Agences régionales de Santé qui publient les résultats de leurs analyses. Cela vous permet de connaître la qualité de l’eau dans votre commune.
588
le nombre de pesticides détectés au moins une fois dans les nappes phréatiques entre 2019 et 2022¹
160
le nombre de pesticides détectés au moins une fois dans les DROM²
Source (2026) : Notre-environnement – La pollution de l’eau par les pesticides
Et n’oubliez pas que l’action de tous est nécessaire pour préserver la qualité de l’eau. Plus vous réduisez la pollution de l’eau, plus l’eau que vous buvez sera de qualité.
FAQ
D’où vient la pollution de l’eau ?
La pollution de l’eau provient en grande partie des activités humaines telles que :
- l’agriculture (pesticides, nitrates, phosphates…) ;
- l’industrie (métaux lourds, gaz polluants, eau chaude…) ;
- les usages domestiques (produits ménagers, de bricolage, d’hygiène, cosmétiques…) ;
- les plastiques jetés dans la nature ;
- le transport terrestre ou maritime (hydrocarbures, métaux, usure des pneus sur les routes…).
Nous pouvons tous jouer un rôle pour limiter la pollution de l’eau : citoyens, entreprises, collectivités et pouvoirs publics.
Quels sont les principaux polluants de l’eau dus aux activités humaines ?
On retrouve dans les eaux de surface (lacs, rivières) et dans les eaux souterraines, un certain nombre de polluants comme des nitrates, des pesticides, des microplastiques, des PFAS, des résidus de médicaments.
La présence de ces polluants peut avoir de graves conséquences pour les écosystèmes, les plantes, les animaux ainsi que sur la santé des êtres humains.
Comment les polluants émis par les activités humaines se diffusent-ils dans les milieux aquatiques ?
Les pollutions causées par les activités humaines se diffusent principalement de deux manières :
- Le rejet de polluants dans les eaux usées : les eaux utilisées par nos douches, lessives, vaisselle ou toilettes mais aussi les eaux issues de l’industrie sont traitées par des stations d’épuration. Ces stations éliminent une grande partie des polluants, mais pas tous. Certains micropolluants ne sont pas filtrés par les stations d’épuration et sont rejetés directement dans les rivières et les nappes phréatiques.
- Le ruissellement : en agriculture les engrais et les pesticides épandus sur les sols se dissolvent dans l’eau de pluie et finissent dans les cours d’eau ou s’infiltrent dans les nappes souterraines. Certains polluants arrivent aussi dans l’eau emportés par le ruissellement de l’eau de pluie sur les routes.
Par exemple, un mégot jeté au sol et qui finit dans l’eau peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau.
Comment savoir si l’eau du robinet peut être consommée ?
En France, l’eau potable est très surveillée. Des contrôles de la qualité de l’eau permettent d’identifier un grand nombre de polluants. Si l’eau présente un danger pour la consommation, les habitants sont immédiatement prévenus.
Il est possible d’en savoir plus sur la qualité de l’eau autour de chez soi en consultant la carte mise à disposition par le ministère de la Santé.
Pour aller plus loin
Article – Comment ça marche le cycle de l’eau ?
Depuis des milliards d’années, l’eau suit un immense circuit naturel appelé le cycle de l’eau. Cette eau est presque aussi ancienne que la Terre : c’est toujours la même eau qui se déplace entre les océans, l’atmosphère, les sols, les rivières et les nappes souterraines. Toutes les régions du monde n’ont pas le même accès à l’eau. L’eau est parfois une ressource rare, d’autant plus sous pression avec le changement climatique.
Article – Sécheresses, pénurie : comment partager l’eau ?
Avec le changement climatique, l’eau devient une ressource de plus en plus précieuse. Dans certaines régions, il faut déjà apprendre à partager l’eau entre les différents usages : eau potable pour les habitants, eau pour l’irrigation des champs, eau disponible pour les animaux sauvages et la nature…Comment les territoires s’organisent-ils pour éviter les conflits autour de l’eau ? Et quelles solutions existent pour s’adapter ?
Article – Va-t-on manquer d’eau en France ?
La surface de la Terre est composée à plus de 70 % d’eau. Alors pourquoi parle-t-on de rareté de l’eau ? Explications et solutions pour préserver cette ressource limitée.